C’est quoi l’inceste ?

« Est-ce que j’ai le droit de faire l’amour avec ma sœur ? », « est-ce qu’avoir des relations sexuelles avec son oncle c’est de l’inceste ? », « et ma cousine, j’ai le droit de l’épouser ? ».

L’inceste c’est le fait d’avoir des relations sexuelles avec un membre de sa famille, alors que c’est interdit. Ça fait partie des grands tabous de l’humanité. C’est une définition complexe qui peut avoir différentes valeurs selon les cultures et les époques.

Petit point juridique

L’inceste dans la loi française est un concept extrêmement délicat. Ce n’est pas une infraction en soi. L’inceste fait partie des circonstances aggravantes. On parle de viols ou d’agressions sexuelles aggravés quand ils sont commis par un ascendant (parents, grands-parents), un tuteur, oncles, tantes, beaux parents, frères et sœurs s’ils ont autorité de droit ou de fait.

Depuis 1804, le code civil interdit le mariage entre personnes avec des liens de parenté allant jusqu’au 3ème degré ; c’est-à-dire qu’il est interdit par exemple d’épouser son frère ou sa sœur, comme il est interdit d’épouser sa belle-mère ou son gendre.

En mai 2015, un nouveau texte a inscrit le terme d’inceste dans la loi. Il s’agit d’une avancée timide apportant peu de changement. Mais cette reconnaissance symbolique introduit la notion d’inceste dans le code pénal et permet une meilleure connaissance et reconnaissance de ces infractions.

La morale l’interdit

En France, au sein des familles, habituellement les parents transmettent à leurs enfants de façon tacite, c’est-à-dire non dite, l’idée que même si on s’aime tous très fort, on ne fait pas l’amour avec son frère ou sa sœur, ni avec ses parents ni avec aucun membre de sa famille. C’est comme ça. Ça fait partie de l’histoire familiale, de l’éducation, des limites qui sont posées, des principes et des valeurs qui sont inculquées dans notre société.

Un peu de psycho

Les théories psychologiques du développement nous expliquent qu’environ à 4-5 ans, l’enfant éprouve des sentiments amoureux pour sa mère ou son père (le petit garçon vers sa mère et la petite fille vers son père). Du coup, il a envie de prendre la place de l’autre parent. A l’issue de cette période (qu’on appelle complexe d’Oedipe), tous les enfants doivent en principe avoir compris qu’ils ne seront jamais autorisés à avoir des relations sexuelles avec leurs parents. C’est à ce moment-là que l’interdit de l’inceste est acquis.

A l’adolescence ces attirances sexuelles peuvent resurgir de façon inconsciente – c’est-à-dire qu’on ne s’en rend pas forcément compte. Alors ce n’est pas grave en soi d’avoir à un moment donné envie d’embrasser son père/sa mère ou de se marier avec, l’important c’est de ne pas le faire !

C’est quoi la différence entre incestueux et incestuel ?

On parle de situation incestueuse lorsqu’il y a un inceste avéré, réel dans une famille – c’est-à-dire quand on a eu une relation sexuelle avec un membre de sa famille alors que la loi et la morale l’interdisent. L’incestuel évoque plutôt une ambiance trouble, ambigüe, souvent malsaine, dans une famille où les limites de cet interdit de l’inceste ont été mal posées et sont floues. Par exemple, quand on vit dans une famille où le parent insiste pour laver son ado alors qu’il a déjà 15 ans on peut dire que dans ce cas on grandit, malgré soi, dans une ambiance incestuelle.

Suis-je victime d’inceste ?

Être victime d’inceste c’est une forme de maltraitance. Parfois on peut avoir l’impression que ces gestes ont été faits avec douceur, avec « gentillesse », sans force… C’est justement toute l’ambigüité de cette agression. Avoir des relations sexuelles, subir des attouchements, recevoir des caresses mal placées de la part d’une personne de sa famille et/ou qui est d’une autre génération, c’est de l’inceste. Même si à certains moments on s’est senti flatté d’être autant désiré, même si on a jamais osé dire non, même si on aime cette personne, c’est interdit ! Cet adulte n’a pas le droit de nous infliger ça !

Je subis un inceste, que faire ?

L’inceste sur mineur est interdit et sévèrement puni par la Loi. Il est alors essentiel dans ce cas d’en parler à un adulte de confiance (un parent, une tante, l’assistante sociale du collège, le CPE etc.…) qui pourra entreprendre les démarches pour que ça s’arrête, ou d’appeler le 119 (Allô Enfance en Danger). Tu peux aussi écrire au Juge des enfants pour dénoncer cette forme de maltraitance ou au procureur de la République du TGI (Tribunal de Grande Instance) de ton domicile.

source http://www.filsantejeunes.com/cest-quoi-linceste-16771